Féminisation de la langue: quelques réflexions théoriques et pratiques

Genre !

Les personnes lisant régulièrement ce blog auront sûrement remarqué que j’essaie au maximum d’éviter d’employer le masculin universel (j’explique ci-dessous ce que j’entends par là). Je voudrais tenter d’expliquer pourquoi (c’est le côté théorique) et surtout comment, par quelques réflexions liées à mon parcours sur cette question et à ma pratique comme féministe, blogueuse, mais aussi comme prof de français langue étrangère. Cette pratique est en évolution constante. Alors que j’étais d’abord extrêmement réticente, je me suis habituée à ces graphies à force de lectures et d’échanges militants, et j’aurais du mal aujourd’hui à faire marche arrière.

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News from Albania

Hi there,

I’m writing from Berat, a small town in the middle of Albania. An Italian guy is talking to me in Italian and Romanian is coming to my mind to answer to his questions.

So far my trip is going great, I was in Bulgaria, Macedonia and now Albania. I’m not going to write about all the great people I met in 10 days but just to give you an idea,  yesterday 2 Germans gave us a lift and we spend an afternoon on a beautiful beach and then hiking in a natural reserve with them. At they end of the day, they let us in a small village near Butrint where we asked if we could put our tent in the garden of a family by showing them a piece of paper with few sentences in albanian. Of course, it worked perfectly and they even gave us cucumbers from the garden, bread and yogurt and we spent a great night. My trip is basically like this day, so everyday is a new adventure.

Tonight, we are in Berat and we plan to go to Tirana tomorrow and in Kosovo after tomorrow.

Claire

La revedere Bucuresti

After 9 months in Bucharest, it is time to say goodbye. My stay in Romania is now over and I’m leaving for one and half month of traveling around the Balkans.

I learned and discovered a lot in Romania: a language, a culture, a more simple way of life. I travelled intensively around the country, I met great people, I’ve seen beautiful landscapes, I ate a lot of good food and drunk a lot of Ciuc, I’ve been to so many great places… and the list could continue for a while but I’m not sad to leave. I knew from the very beginning that this year would come to the end.

In fact, Romania gave me a lot but I didn’t give so much to Romania (except maybe a lot of money). In a way, I’m glad to come back in a few months because I know that in France I can fight again for the causes I support. I have to admit that despite my efforts I still don’t understand some aspects of the Romanian society. Open discrimination against minorities (Rroma, homosexuals…) still hurts my Western-conception of tolerance.

Nevertheless, I want to thank all the great people I met on my way, my friends who travelled and hiked with me around the country.

Thank you Romania! I learned a lot from your contradictions: I’ve seen how far individualism and consumerism can destroy a civil society but also how kind and welcoming Romanians are.  There are reasons to hope for Romania, so for those who are fighting for an other model of society : keep going!

La revedere Romania, ne vedem!

La revedere Bucuresti

Après plus de 9 mois à Bucarest, il est temps pour moi de quitter la Roumanie pour partir plus vers le Sud avant mon retour en France. Je ne suis pas triste de partir, car un mois et demi de voyage m’attende. Voici juste quelques mots pour clore cette belle année!

Déjà, quelques mots sur Bucarest. Cette ville qui à première vue a l’air détruite par les années Ceausescu regorge en fait de jardins, de bars d’artistes, de lieux calmes, de maisons défoncées et de terrains vagues qui font en fait tout son charme. Bucarest est une ville qui souffre de la circulation, de l’absence de parking, de la publicité omniprésente, des câbles électriques qui pendouillent, des immeubles en ruine mais c’est ainsi. Alors, au début, on s’étonne, on s’indigne et puis on fait avec et au final on apprécie ce bordel généralisé qui donne tout son charme à la ville. Et puis, la capitale roumaine est remplie d’endroits où l’on peut échapper aux klaxons et reprendre son souffle. La liste est longue et je ne détaillerai pas ici ces endroits où j’ai eu plaisir à aller prendre un verre ou déambuler en vélo mais vous pouvez les retrouver ici. Bucarest est une ville qu’il faut apprivoisée, mal-aimée des guides touristiques et donc peu visitée, ce n’est pas (plus) le petit Paris des Balkans, ce n’est pas la Roumanie mais quand même un peu si.

Quant au reste du pays, j’ai vraiment apprécié de pouvoir sillonner les routes roumaines en long en large et en travers. Je crois même que j’ai plus visité la Roumanie, que je n’ai visité la France. Quelques villes m’ont particulièrement plu : Cluj-Napoca, Brasov, Sighişoara, Sibiu… J’ai préféré les Carpates à la côté de la mer Noire, toutefois sauvée par le delta du Danube qui mérite sa réputation. Le Maramures et la Bucovine sont vraiment des régions qui valent elles aussi le détour. Les paysages ne font toutefois pas toutes les qualités de la Roumanie, j’ai toujours été bien accueilli, bien nourri, toujours prise en stop, jamais arnaquée, jamais agressée.

Et pourtant, une petite pointe d’amertume demeure. Je ne m’habitue toujours pas aux bords de routes et abords de village transformés en décharge public, aux usines abandonnées… Le recyclage et l’écologie ne semblent pas avoir beaucoup atteint la Roumanie. Je ne parlerai pas de politiques, de la gestion des affaires publiques ou de la faiblesse de la société civile, véritables crèves-coeurs quand l’on connait les richesses dont dispose la Roumanie.

Merci à tous ceux que j’ai croisé sur ma route, à ceux qui m’ont rendu plus humble, à ceux qui ont partagé avec moi leur culture, à ceux avec qui j’ai voyagé et randonné à travers la Roumanie.

Multsumesc din suflet!

Week end en pays sicule

Mai 2013

Une amie est venue me voir à Bucarest, j’en profite donc pour lui montrer la Roumanie le temps d’un weekend. Une Roumanie plutôt étrange puisque nous décidons de prendre la route vers le pays sicule. C’est une région qui me fascine depuis longtemps, où les Magyars et les Roumains cohabitent et qui fait beaucoup parler d’elle car dans les deux judet majoritairement hongrois (Harghita et Covasna), une partie des habitants réclament l’autonomie.

Départ en train pour Brasov puis nous sortons de la ville pour aller faire du stop en direction de Sfantu Gheorghe. Nos premiers chauffeurs sont magyars pas très bavards mais parlent un peu roumain quand même. La visite de Sf Gheorghe est décevante, nous ne trouvons pas l’office de tourisme et les habitants ne savent même pas où il est et quand nous arrivons enfin devant le musée sicule, le gardien nous explique (en hongrois puis en roumain) que c’est fermé ! Nous reprenons donc la route en direction de Covasna. En deux lifts, nous arrivons dans une jolie petite ville d’eau. Une source au milieu de la ville permet de s’approvisionner en eau pétillante, et ce que font tous les habitants qui viennent remplir leurs bouteilles de Ciucas vides. Là encore, l’office du tourisme est fermé mais il y a une carte. Nous sommes aux pieds des montagnes, la ville semble dormir, après avoir fait un petit tour et croisé quelques carrioles à cheval, nous décidons donc de partir en direction de Comandau, un petit village  (indiqué sur la carte ) situé au bout d’une route forestière de 20km.

La petite route de forêt est bien agréable mais nous nous doutons bien que nous ne serons pas à Comandau le soir si l’on doit monter à pied, d’autant plus que nous ne savons même pas s’il est possible d’y dormir. Nous croisons bien quelques voitures qui descendent mais pour l’instant personne qui monte… jusqu’à ce qu’un camion immatriculé en Hongrie s’arrête à notre hauteur! Je commence par un stiti romaneste ? (parlez vous roumain? quelle situation absurde, nous sommes en Roumanie!), le chauffeur parle effectivement roumain, nous explique qu’on peut dormir à Comandau, qu’il y a bien 20km de route et décide de nous emmener. Arrivées à Comandau, nous découvrons un village de montagne où les chevaux se promènent en liberté et où tout est écrit en hongrois! A la recherche d’une pension, nous sommes promenées aux quatre coins du village par un enfant qui ne parle pas roumain et qui finalement nous laisse devant un restaurant où nous trouverons un hébergement. Nous sentons bien que nous sommes l’attraction du village et des quelques personnes sirotant leur bière devant l’épicerie du village et qui ont l’air d’avoir déjà enchaîné quelques verres de palinca. Le soir, nous discutons avec notre logeuse, une roumaine qui s’est installée à Comandau après avoir un épousé un natif du village. Elle nous explique que 98% de la population est maghiare, que les enfants n’apprennent pas le roumain à l’école, que le village vit du commerce du bois (vendu en Chine!) et que certains business men roumains ont leur maison de vacances dans le village car ils y sont vraiment coupés de la réalité (pas internet, pas de réseau). Bref, nous avons atterri dans un village assez atypique mais encore très traditionnel.

Le lendemain matin, pas un bruit dans la village, nous profitons de la beauté du lieu et entamons la redescente après être allées voir les fameuses maisons des « riches roumains ». Retour de Covasna à Brasov en stop, visite express de Brasov et retour à Bucarest dans un train chargé de randonneurs qui reviennent des monts Bucegi. Köszönöm!